20190209 Rémi, Fred & Baptiste, Maryline.

Rémi.

Rémi est garçon de 13 ans bientôt. Mon neveu. Il joue au rugby depuis l'âge de 7 ans au sein du club de la Saudrune, en banlieue de Toulouse. Une entente entre Villeneuve Tolosanne, Cugnaux et Frouzins. Ces dernières années, j'assistais au tournoi de Pâques organisé par le club. Parfois, il nous arrivait aussi de partir ensemble au parc de la Ramée, entre Tournefeuille et Saint-Simon, pour taper au ballon, passer, se plaquer, courir. Par deux fois nous sommes aussi partis en randonnées en montagne avec ses parents et sa sœur, Alexandra, qui est aussi ma filleule.

Samedi dernier, c'était la première fois que je le voyais jouer à XV. La Saudrune, Vic-Condom et Lourdes, disputaient un tournoi triangulaire sur le terrain de Adé, près de Lourdes, dans la catégorie U13. Avec son casque et sa croissance qui me prend de cour, je ne l'ai pas reconnu passant à deux pas de lui. La faille !

Premier match contre Lourdes, il est remplaçant. Il est rentré rapidement n°7 et a tenu sa place pour le reste des deux rencontres. Rémi n'est pas le plus rapide. Ca devrait venir. Rémi, bien-que grand, n'est pas un monstre. Il s'étoffera, à son rythme. Mais Rémi joue bien. Sa perception du jeu, son jugement, progresseront (soit dit en passant : il est aussi arbitre). Eh ! Il n'a que 13 ans et tant de possibles à développer... Mais à 13 ans, quelle fiabilité, quelle propreté dans son jeu ! Pas un plaquage manqué. Pris de vivacité ? Que nenni. Il déploie ses longs bras pour accrocher la taille de l'attaquant qui crochette et le stopper net. Peu de ballons touchés mais pas un cafouillage, pas une passe manquée alors qu'il arrivait lancé au raz au contact de la défense. Des bonnes libérations aussi. Propre.

Puis Rémi ne se répand pas sur un terrain. Son regard est décidé aussi. Il y a comme de la vertu, de la droiture et du courage. Et enfin, je crois qu'il est bien avec cette équipe, ces gamins et leur pères (en retard au coup d'envoi pour cause de repas au restaurant), ces coaches qui couvent, reprennent et élèvent leurs ouailles.

A la fin du match, j'étais heureux d'avoir pu le voir évoluer ainsi.

Je l'attendais à la sortie des vestiaires. Il n'y était pas. Il avait regardé le troisième match alors que son équipe avait terminé le tournoi et que la plupart des ses coéquipiers étaient changés.

Dans ces moments-là, on perçoit la valeur éducative du sport, du sport collectif et du notre en particulier. Merci à ces éducateurs

A la fin de l'après-midi j'écrivais à ma famille que Rémi est un homme bien. Un homme, oui. Petit encore mais un homme à bien des égards.

Et puis, si aujourd'hui tout roule pour lui (apparemment il a des facilités à l'école et il est apprécié, ce faillot, par ses profs tout comme par ses entraîneurs) parfois ce sera moins le cas. Eh bien, il trouvera toujours ses amis gagnés là qui lui ouvriront les bras pour le réconforter, lui passer un coup d'éponge magique en guise de baume, qu'il soit joueur, arbitre, entraîneur, dirigeant, père, etc.

Merci, mon grand. Il va me falloir entretenir mieux ma forme dorénavant. Je le dis souvent...

Il va me falloir aussi allez voir ta sœur au foot et ton cousin, talonneur à mobylette poussin sur les coteaux de Verfeil.

Fred et Baptiste.

Fred est un ami de 20 ans. J'ai la chance de conserver des amitiés des mes jeunes années. Ecoles,  collèges, lycée, IUT et Fac. C'est une richesse, une bénédiction, que m'a octroyées la vie. Il est le papa d'une escadre de quatre enfants. Avec Clairette, ils ont un foyer lumineux, chaleureux, où il fait bon être, même quand ils sont absents. C'est dire ! Nous aurions dû nous retrouver ce samedi, si seulement Baptise (son numéro deux) et Rémi avaient joué dans la même catégorie. Baptise à 12 ans : U12. Il est fin. nul doute qu'il sera grand comme ses parents. Fred... Fred, c'est, à notre mesure d'amis, une légende. Un post n'y suffirait. Dans les grandes lignes, ce n'est pas un enfant de la balle. C'est un enfant de la bechigue estampillée FCL, patinée par l'homérique épopée de Jean Prat et consort multiple champions de France. Dire qu'il déteste amoureusement le Stadoceste tarbais : c'est vrai. Lorsque le Stado a perdu la finale du championnat en 1988 face à Agen, son père est parti klaxonner dans les rues de Lourdes. Véridique. Sur les plans éducatif et culturel, vous pouvez donc cerner le bonhomme. Pour autant, il n'a joué que sur le tard. Cela ne l'a pas empêché d'avoir toujours un regard avec de l'acuité sur le jeu. Surtout celui des avants. C'est sa prédisposition naturelle. Je ne vous raconterai pas comment, pour continuer à jouer une saison supplémentaire, il a conclu avec Clairette de faire des sorties culturelles en famille (j'en étais d'une : le château de Mauvezin. La seule ?). Je peux pas passer non plus sur ce dimanche où, lors d'un repas entre copains, il nous a présenté le match qu'il s'apprêtait à jouer l'après-midi même. Il évoquait ce pilier de Séméac qu'il avait fait dégoupiller et sortir au match aller, hihânant de sa roublardise. En fin d'après-midi nous avons reçu une photo en direct du service des urgence de Tarbes, le nez : mention rouge oblique. Et lui hilare. Toujours le même pilier mais par accident, je crois. Donc ce samedi, Fred était content que Baptiste, centre, commence à aller dans les mauls. Dans ses mots: "son cas n'était donc pas désespéré". Je répondais que c'était peut-être le début de la fin.

Maryline.

Je ne la connais pas bien comme Rémi et Fred. C'est une amie de ce dernier, justement. On se croise de temps en temps. Elle et son compagnon, Maxime, sont de gros sportifs. Max était en randonnée ce samedi et elle suivait un de leurs garçons en U13, accrochée à la main courante, encourageant avec vigueur toute l'équipe lourdaise. Je n'ai pas osé lui dire bonjour sur le moment. J'écrivais à Fred : "Maryline : grosse supportrice". Plus le match avançais et plus Maryline était prise avec. Toujours avec sourire et le flegme so british d'une maman du rugby, au très bon fond et comme on les aime. Vraiment. "Maryline, très, très grosse supportrice". "Oh, pas si grosse que ça :-)". Et le match terminé, on s'est salué.

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