2011 05 11 : Les dés sont jetés.



C’est parti. On sait qui en sera et qui n’en sera pas. On sait pourquoi mais parfois difficilement, tant les choix sont justifiés avec embarras. Cette annonce souffle le chaud et le froid. Déjà elle marque le début de la Coupe du Monde, ce qui est une bonne nouvelle, avec un mélange d’espoir et d’excitation, prélude de chaque aventure.


Mais les statistiques tempèrent nos ardeurs. Miroirs des évènements déjà passés et implacables qui aboutissent à la probabilité restreinte de réussir …On a fait le tour des facteurs d’échec ces quatre dernières années, n’était-ce un : la sélection de blessés.


Qu’on mise sur les retours de Rougerie, de Domingo, eut égard à leur récent faits d’armes en bleu, soit. Mais Barcella, quoique pilier tonitruant, n’a pas foulé un terrain de la saison après sa rupture au tendon d’Achile, sans parler de la précédente, bien tronquée pour blessure au genou… Compte-t'on aussi sur on aura ? De mémoire, les retours en grâce après ces longues blessures ne sont pas légion. Dans les années 90, Pierre Berbizier n’avait-il pas aligné Laurent Cabannes (flanker du Racing), à peine remis d’une blessure grave au genou et sans passer par la case club ?


Pour les talonneurs et secondes lignes : no comment. Sauf la disparition de Guirado au profit d’un pilier supplémentaire, justifiée par le management difficile des coiffeurs dont aurait été le 3ème talon (souvenez-vous de Sébastien Bruno en 2007). En deuxième ou troisième ligne, Chabal aurait-il été cantonné à ce rôle ? Si oui, était-ce acceptable pour lui, la tête de gondole du rugby français ? Lui qui connut aussi cela en 2003. Etait-ce gérable pour l’encadrement ? Dans le cas contraire, une jeune pousse comme Picamoles ou Lakafia l'acceptera mieux.


Pour le reste, reconduire la jeune charnière en perpétuelle mue (cf. Trinh Duc le week-end dernier) était prévisible. Et que les ailes et l’arrière échoient aux toulousains et apparentés semble logique.


Mais au centre, c’est toujours l’expectative. Exit Jauzion. S’il n’est plus inattendu et spectaculaire, il reste costaud et se blesse peu. Mais Lièvremont n’en a jamais fait un premier choix, malgré le grand chelem 2010, le rappelant souvent au gré des blessures. Notamment celles de Mermoz (actuellement convalescent), joueur de ballon aussi, mais plus en appuis et en accélération quand Jauzion prendrait plutôt racine à la percussion. Traille et Marty ont déjà du vécu au poste, mais sans exploit marquant, un de ceux qui traversent le terrain et crèvent l’écran. Quid d’Estebanez ? En attendant le retour éventuel de Rougerie aux affaires, ailier de formation, le doute ne peut que subsister, quand bien même l’absence de Poitrenaud, un brin railleur pour le coup.


Les dés sont jetés, les jeux sont faits, rien ne va plus. Rien n’allait vraiment bien disent les grincheux en masse. Les dés seraient pipés d’avance. Pourtant la France au pied du mur…


Bah ! Laissons-là les clichés. Il y a peu, Le Jaune du lundi comparait les résultats de Lièvremont, entraîneur national, à ceux des précédentes époques. Il y a eu moins bon en terme de réussite : la période qui suivit le Grand Chelem de 1968, le premier pour la France, avec dix défaites de rang, dont six consécutives face aux nations du Sud.… Le parallèle entre une performance unique et son pendant de défaites est trop rapide, vrai. Mais sait-on jamais ?


Sans pour autant penser à chiper un titre taillé pour les Blacks, on peut se rallier à la conviction de notre entraîneur sur la préparation de l’équipe. Cela suffira-t'il ? A l’approche de l’échéance, a minima, constatons que nous partons de plus loin. Le positif : on garde cette part d’inconnu pour nos adversaires. Le négatif : pour rattraper le temps perdu, il faudra aller plus vite et la sortie de route n’est pas à exclure.

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