2011 03 15 : Cielito Lindo (ou les Pumas en stage)





Oui, ce mardi il faisait bon se promener sous ce joli ciel. A fortiori, il faisait aussi bon jouer. Les Argentins ont ainsi bénéficié de conditions optimales pour se retrouver et s'entraîner à Marcel Bec, complexe sportif busqué dans les bois de Meudon la riche, au plus haut de la cité, après l'Observatoire.


Pour cet entraînement, il n'y avait pas la foule des grands jours, pourtant la séance était publique. Eh ! Tant mieux !


Mes benjamins feront-ils demain les exercices glanés aujourd'hui  ? Pas tout à fait, bien qu'ils soient intéressants. Le premier porteur de balle percute ou feinte et passe à droite dans le dos du défenseur. Le second porteur fixe le second rideau et remet sur sa gauche. Grosso modo, on fournit l'attaque par l'axe en passes courtes, comme dans l'entre-jeu.


Deux groupes commencent parallèlement l'exercice par un aller dans les 22 mètres. Au retour, les deux défenses se joignent en une ligne, idem pour les deux attaques. Et là, ça fuse. Des choix de jeu pour presque autant de leurres. On s'y confond...




La voix cassée de Phelan exige de l'attention et aussi de la « paciencia ». Il encourage aussi ses « muchachos ». S'il est loin des groupes, à l'intérieur de ceux-ci les vieux donnent de la voix. Ledesma observe, chapote. A bientôt 38 ans, Mario est loin de rendre les armes. La sélection ne se galvaude pas. On sent une importance inée dans son regard. Et lorsqu'il lance la défense en ligne par un « Arriba, arriba !», la sentence est parfois suivie d'un souffle du bouclier qui signe la percussion lourde de l'attaquant. Albacete et Roncero sont au diapason. Si d'aventure le bouclier est trop bas, le coup d'épaule n'est pas soldé. Ainsi, les plus vieux et lourds tracent la voix question engagement. Mais à la course, les jeunes pumas s'amusent parfois d'eux. Ainsi la foulée de Pato, râleur un rien allumé car débordé, pioche dans un extérieur sans fin pour rattraper son ailier qui le taquine au pas de l'oie.



Les joueurs communiquent pendant les actions, mais ce n'est pas la cacophonie. Il faut dire qu'ils ne sont pas en opposition réelle pour ces jeux de lignes et de relance. A part dire « Volver, volver !», sans regroupement, il n'y a pas grand chose à ajouter lors de ces action courtes.




Alors que la séance touche à sa fin, tous se rassemblent en cercle au centre du terrain. Phelan clôture le stage par un discours qui préfigure « El Mundial ». Pris au gré du vent, on aura discerner, parfois à plusieurs reprises : « mejor preparacion », « compétitivo », « cabeza », « importante », « todos », « unico ». Autant de mots et d'idées pour que ses joueurs prennent conscience de l'optimisation exigée par le rendez-vous.


A cet instant, on se dit que face aux cadors à peine plus jeunes que lui et à l'expérience irréfutable, ce ne doit pas être évident de parler en chef, sans pression.




Sitôt terminé, les mines se délient et les sourires fusent. Ledesma chambre ou blague avec Roncero sur du Sudoku, lequel se marre ensuite avec Contepomi. Au passage, vous aurez noté sur les clichés les étirement avec des sangles et la grâce de « Hooker Swan » version Mario.




Des jours comme aujourd'hui, même s'ils n'arrivent que rarement, les conditions de travail sont optimales pour les Pumas. Il n'y a pas de pression, pas de match à préparer, seulement de la mise en place et accessoirement du plaisir à prendre. L'ambiance est détendue et ces mecs, surtout les briscards cités plus haut, semblent bien s'entendre. Ca change des tensions qui gangrènent l'équipe de France (mais qui feront peut-être sa force dans quelques mois, sait-on jamais).


A l'inverse de ceux de Marcoussis, les bleus de Meudon font plaisir à voir. Alors oui, Cielito Lindo, petit ciel ravissant, à tous points de vue aujourd'hui, bien-qu'en espagnol l'expression soit réservée à des usages bien plus tendres que les jeux de balle, fut-elle ovale.


Les photos ici.

Et pour ceux qui ne connaissent pas: la chanson.

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