2 poules de 5, une équipe d'Air Liquide dans chacune, et avec nous l'équipe du Groupe Sella. Les matches durent 8 minutes sans mi-temps. Nous venons d'en disputer 3, avec une victoire au premier. J'ai joué l'intégralité des rencontres jusque là. Avec un seul remplaçant, notre effectif de 5 est très limité. Malgré deux ou trois footings par semaine, le jeu à toucher amoindrit la lucidité et la vivacité. Les efforts sont courts mais très intenses et fréquents. Je suis en partie rincé alors que se profile la quatrième partie. Nous sommes opposés au Groupe Sella, avec son directeur. Ca n'arrive pas tous les jours. Sauf demande expresse, appuyée et répétée, même fatigué, je vais tenir ma place.
La partie débute. Comme la plupart des adversaires, eux aussi vont vite. Dans leur équipe, on joue de la trentaine à la cinquantaine. Si les jeunes ont du rythme, PS n'est pas en reste. Il a autant de pêche mais l'œil en plus. Entre un tiers et une seconde grand maximum, c'est le laps de temps pour passer la balle ou s'engager. Avec certains joueurs, par exemple des débutants, une seconde passe vite. Vous attendez, vous sentez venir, ça vient et vous neutralisez le gonze, à presque 28 pulsations par minutes. Là, avec PS, une seconde, c'est long. Il peut s'en passer des choses. Les passes sont vives et peuvent jaillir à n'importe quel moment, extérieur, intérieur, ou être feintées. Avec tout ce mouvement autour de lui, en une seconde, il vous accroche à une infinité de possibilités. Il vous met en suspend. Il fait mine de passer, puis s'engage dans le mouvement de passe. Votre corps suit et penche ainsi vers l'extérieur. La tête regarde déjà sur cette gauche où rien ne se présente. Pis ! Vous avez perçu une ombre du coin de l'oeil à votre intérieur. Et dans le même instant, le bruit feutré de deux pas foulés sur le synthétique, vient de votre droite. L'arbitre siffle. Pas vu, pas pris. Essai.
Finalement, ça arrive à tous.
Au début de la partie, le long de la ligne, il a relégué mézigue d'un passement de bras. Son coéquipier marque derrière. Je le touche bien, mais sa passe est dans le mouvement et l'arbitre, appliquant le règlement plus favorable à l'attaquant, accorde l'essai. PS a la course et la gestuelle aussi vivace que dans le temps. Il a aussi du punch à revendre si bien que sur le coup, mes bras et tout le reste sont emportés par son élan. Dura lex sed lex. Pour moi, l'action est litigieuse. Je ne dis rien, ne regarde personne, mais les bras écartés et la mine boudeuse, n'en pense pas moins. L'arbitre le voit-il ? Pour être complet, le début de partie a été marqué par un heurt entre deux joueurs de chaque équipe.
Nous sommes menés 4 à 1 et ils lèvent le pied. PS est toujours sur le terrain. Nous mettons plus de rythme, on est sur leur ligne. Entre PS et un de ses partenaires, le trou. J'accélère. Il serre. Ca va vite se refermer. Mon co-équiper suit et passe derrière son ailier. J'amorce la passe pour jouer dans son dos. Sella va me croquer. Je passe en cloche, l'épaule tourné vers lui, et le bouscule sur le buste ... mon ami rattrape la bouigue et s'allonge de tout son long le bras derrière la ligne. L'arbitre accorde l'essai. Litige. En face, ils protestent. Pour moi, essai ou pas, qui suis-je pour tamponner Sella ? Je vous rassure, mes 72,853 kg ne l'ont " pas trop " fait bouger. Il n'empêche, le geste est là et ça surprend. Alors je m'applatis presque donnant doucement du " désolé " à " Monsieur Sella ", en veux-tu en voilà. Il me jette un coup d'oeil, ne dit rien, regarde vers l'extérieur. Je m'excuse à nouveau. Lui proteste calmement vers l'arbitre et argue que je lui suis rentré dedans. La partie continue. PS est sorti et on se rapproche à nouveau de leur embut. Au centre, un espace s'ouvre comme tout à l'heure. Re-passe en cloche derrière le second défenseur, presque hasardeuse dans l'intervalle. J-B a bien senti la chose. Il repique intérieur pour plonger dedans et reprendre in extremis la balle à 30 cm du sol. Essai. Nous perdons 4-3, résultat honorable face au futur finaliste.
Fin du match, poignées de mains, je réitère mes excuses. " Oh non, c'est pas grave ! J'essayais d'influencer l'arbitre " dit-il goguenard (il s'agissait du regard vers l'extérieur). Il accepte de poser pour la photo à la fin du tournoi.
Une fois les récompenses attribuées, j'hésite à le déranger en pleine discussion. Ils sont interrompus. Hop... " Ouais, c'est pour la photo ? On la fait comment ? Avec toutes les équipes ? ". Pas tout à fait, ca ne concerne que mes potes. Et dire que l'un d'eux (Bruno) ne sait même pas qui il est... A quoi ça a servi de les entrainer pendant un an ?
Le fait est, sa forme est impressionnante. 48 ans, tout de même ! Nous, à 30 berges, au mieux on suit et encore, pas tous, loin de là. Face à ma petite mièvrerie, il met un bémol. " Ca baisse un peu avec le temps " répond-il sympathique. Soit, on le croit, c'est logique. De même, on n'est pas vraiment fait du même bois. Je lui relate sa feinte mentionnée plus haut, le bruit des pas, sa signature de la soirée.
La photo est ci-dessous. On vient de chambrer le photographe à qui je confie l'appareil, ceci expliquant cela. Elle est à peine floue mais vraiment belle car notre groupe s'entend bien, à l'image de Ph. Sella qui rit avec nous.
Au prochain post, on abordera le tournoi en lui-même et l'association Côté Ouvert.
Ici, quelques photos du tournoi.
Oué! mais toi t'es où sur la photo?
RépondreSupprimerHo la ! Chrisian,
RépondreSupprimerJe reprends, deuxième en partant de droite...
Moi, je ne retiens quelque chose : 72 kg?
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