2012 01 23 : Le goût des choses simples

Hier, un match de quatrième série. Un ami de Saint-Pé de Bigorre jouait à Rabastens, toujours en Bigorre.

Le match était commencé quand nous sommes arrivés, mon oncle et moi. Alors que nous discutions, quelques oeillades vers le jeu... Mon ami se débattait dans les jambes du pack Rouge et Noir. Ne tentait-il pas d'écrouler le maul à deux reprises ? Les arbitres ne peuvent/veulent pas tout siffler. Sauf qu'à sa troisième intervention, un carton blanc
fit un peu d'ombre au blond huit à la tête élastolplastée...

"- Oh ! c'est la première fois fois !" dit-il à l'arbitre.

"- Ne vous foutez pas de moi !" rétorqua l'autre. Mon ami quittait le terrain le sourire en coin.

A la fin du match, il écopa d'un second carton blanc. Il était rentré par le côté du maul pour le faire tomber.

"- Obligé, sinon il y avait essai."


Hélas, là aussi, l'action suivante déboucha sur une tentative de transformation de Rabastens.

Rabastens 29 - Saint-Pé 3



Les photos : un autre exemple du goût des choses simples (ou presque) en charade.


Mon premier:



Mon second:




Mon troisième :



Mon tout avant mon premier, mon second et mon troisième:




Mon tout après mon premier, mon second et mon troisième est du confit de dindon.


Petite explication : 

Mon premier est la graisse, pas encore fondue, dans laquelle cuiront les morceaux de viande après la découpe de la bête -15 kg, quand même !

Mon second est le réchaud connecté à une bouteille de gaz. Dessus cuisent dans la graisse les morceaux de viande. Puis il est utilisé pour réaliser la stérilisation des bocaux qui contiennent la viande cuite, comme pour un bain-marie (mon troisième)

Une fois retiré du bain, on laisse refroidir. Le vide se crée dans la conserve, collant ainsi l'éternelle capsule de chez Familia Wiss par aspiration. L'intérieur du bocal quasiment sous vide et étanche, la viande est confite et la conserve porte bien son nom (sauf défaillance). 

2011 08 18 : Allez, Grand...


Match en réserve. Premier duel, premier échec. Le demi-de-mêlée bleu perd un ballon, arraché par le premier centre rouge, le capitaine.... Ça commence mal. Ce capitaine passe ensuite numéro huit. Part petit côté à cinq mètres de la ligne. Re-duel. Mais le soutien défensif aide le neuf qui l'a contenu.

Le neuf fait son match. Assure ses passes, comme il sait le faire depuis toujours. Plaque. Le douze, lui, est plus gaillard, plus expérimenté, moins timoré. Faut dire aussi que lui, l'enfant du pays, revient sur ses terres. Ici tout le monde ou presque l'appelle par son surnom.

Puis l'ailier rouge déborde depuis ses quarante mètres. L'attaque est classique, mais le flanker bleu aux fraises, l'ouvreur est fixé et le plus-un assuré au bout pour l'ailier. A grand pas, il file vers le coin du terrain, les bleus à ses trousses, le neuf en tête mais loin derrière.

Pourtant, la distance les séparant se réduit. Le neuf le voit, sent. Il revient. Il va l'avoir. Arrivé sur la ligne des vingt-deux mètres, il ceinture le 11. Les deux tombent en touche, se relèvent. Applaudissements du public. Félicitations de l'entraîneur et des coéquipiers. Claquette sur la nuque du flanker qui s'excuse. Le neuf veut rester dans son match et, loin d'en rajouter, baisse la mine. Cette rencontre est importante. Levant les yeux, il voit le capitaine rouge qui se replace... tout sourire et l'applaudissant à chaudes mains. Regards émus, cœurs en étendards. Le neuf sort une seconde de sa réserve, premier entre tous, pommettes rehaussées et bouche serrée. Son idole et modèle d'un temps, son initiateur à la chose, protecteur de toujours et aîné de neuf ans, son frère est content.

Allez, Grand, bon anniversaire.

2011 05 11 : Les dés sont jetés.



C’est parti. On sait qui en sera et qui n’en sera pas. On sait pourquoi mais parfois difficilement, tant les choix sont justifiés avec embarras. Cette annonce souffle le chaud et le froid. Déjà elle marque le début de la Coupe du Monde, ce qui est une bonne nouvelle, avec un mélange d’espoir et d’excitation, prélude de chaque aventure.


Mais les statistiques tempèrent nos ardeurs. Miroirs des évènements déjà passés et implacables qui aboutissent à la probabilité restreinte de réussir …On a fait le tour des facteurs d’échec ces quatre dernières années, n’était-ce un : la sélection de blessés.


Qu’on mise sur les retours de Rougerie, de Domingo, eut égard à leur récent faits d’armes en bleu, soit. Mais Barcella, quoique pilier tonitruant, n’a pas foulé un terrain de la saison après sa rupture au tendon d’Achile, sans parler de la précédente, bien tronquée pour blessure au genou… Compte-t'on aussi sur on aura ? De mémoire, les retours en grâce après ces longues blessures ne sont pas légion. Dans les années 90, Pierre Berbizier n’avait-il pas aligné Laurent Cabannes (flanker du Racing), à peine remis d’une blessure grave au genou et sans passer par la case club ?


Pour les talonneurs et secondes lignes : no comment. Sauf la disparition de Guirado au profit d’un pilier supplémentaire, justifiée par le management difficile des coiffeurs dont aurait été le 3ème talon (souvenez-vous de Sébastien Bruno en 2007). En deuxième ou troisième ligne, Chabal aurait-il été cantonné à ce rôle ? Si oui, était-ce acceptable pour lui, la tête de gondole du rugby français ? Lui qui connut aussi cela en 2003. Etait-ce gérable pour l’encadrement ? Dans le cas contraire, une jeune pousse comme Picamoles ou Lakafia l'acceptera mieux.


Pour le reste, reconduire la jeune charnière en perpétuelle mue (cf. Trinh Duc le week-end dernier) était prévisible. Et que les ailes et l’arrière échoient aux toulousains et apparentés semble logique.


Mais au centre, c’est toujours l’expectative. Exit Jauzion. S’il n’est plus inattendu et spectaculaire, il reste costaud et se blesse peu. Mais Lièvremont n’en a jamais fait un premier choix, malgré le grand chelem 2010, le rappelant souvent au gré des blessures. Notamment celles de Mermoz (actuellement convalescent), joueur de ballon aussi, mais plus en appuis et en accélération quand Jauzion prendrait plutôt racine à la percussion. Traille et Marty ont déjà du vécu au poste, mais sans exploit marquant, un de ceux qui traversent le terrain et crèvent l’écran. Quid d’Estebanez ? En attendant le retour éventuel de Rougerie aux affaires, ailier de formation, le doute ne peut que subsister, quand bien même l’absence de Poitrenaud, un brin railleur pour le coup.


Les dés sont jetés, les jeux sont faits, rien ne va plus. Rien n’allait vraiment bien disent les grincheux en masse. Les dés seraient pipés d’avance. Pourtant la France au pied du mur…


Bah ! Laissons-là les clichés. Il y a peu, Le Jaune du lundi comparait les résultats de Lièvremont, entraîneur national, à ceux des précédentes époques. Il y a eu moins bon en terme de réussite : la période qui suivit le Grand Chelem de 1968, le premier pour la France, avec dix défaites de rang, dont six consécutives face aux nations du Sud.… Le parallèle entre une performance unique et son pendant de défaites est trop rapide, vrai. Mais sait-on jamais ?


Sans pour autant penser à chiper un titre taillé pour les Blacks, on peut se rallier à la conviction de notre entraîneur sur la préparation de l’équipe. Cela suffira-t'il ? A l’approche de l’échéance, a minima, constatons que nous partons de plus loin. Le positif : on garde cette part d’inconnu pour nos adversaires. Le négatif : pour rattraper le temps perdu, il faudra aller plus vite et la sortie de route n’est pas à exclure.